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« Rencontres remarquables »… Roger Otahi

Mes rencontres remarquables

(1977-1994) 

Roger OTAHI (1925-1994)

 Roger OTAHI

« C’est au fond de soi qu’on accède au Cosmos »

Comme Gérard de Nerval, il avait la Mort, l’Hermite et l’Etoile au Tarot… Mais les poètes, connus, méconnus, ignorés, les poètes dont le monde a tellement besoin ne meurent jamais…  (Elysabeth Moreau)

Commençons par la fin en cette date fatidique du 13 décembre 1994…

Sa chevelure était devenue à peu près blanche. Il avait parfois le teint cuivré des amérindiens ou des précolombiens qu’il affectionnait tant. Une autre fois, la peau était ambrée pareille à celle des peuples d’Asie, non seulement ses frères en esprit du Tibet, mais encore aux polynésiens dont on  soupçonnait quelque lien de sang. Tantôt on eût dit un gitan, tantôt un sikh du Pendjab. Quelquefois, il ressemblait étrangement à Einstein… Le visage, aux traits ravagés et effondrés, traduisait l’insupportable écartèlement de la pensée prise entre les gouffres et les sommets de son intériorité.

A l’automne bien sonné de sa destinée, les mains étaient restées lisses et intactes, sa dextre ayant fait de l’écriture une occupation métaphysique. Quelque paresseux et quelque maladroits que fussent ses doigts face aux tâches triviales, ceux-ci néanmoins montraient une aisance industrieuse dans l’accomplissement de ses rêveries halieutiques.

Il avait vécu mille vies. Possédé par son art oratoire, maître incontesté de la tradition orale, il en oublia son oeuvre, la jetant aux quatre vents par le balcon de la conversation. Il était de la race de ceux qui, anonymement, font le Grand Geste – Mahamudra - devant l’Inconnaissable, de ceux encore qui, silencieusement, atomisent le miroir des apparences et interrogent, inlassablement, le Sphynx muet depuis cinquante siècles (?).

Depuis longtemps, il avait exterminé Dieu et Diable dans les ornières des cultures et des religions décadentes. Il fréquenta André Breton, Roger Caillois, Raymond Abellio, Gaston Bachelard… Il avait beaucoup partagé avec Jean Carteret, dialecticien du verbe, homme ignoré et oublié. Tel le Passant Considérable, il traversa les dernières heures chaudes de Montparnasse, du moins ce qu’il en restait. Ses académies poétique, littéraire et artistique avaient un nom prédestiné : La Coupole, Le Dôme, Le Sélect, Le Flore, la Closerie des Lilas. Nombreux sont les artistes, peintres ou sculpteurs qui lui doivent leur célébrité. Poètes et littérateurs avertis rencontrèrent son nom dans des comités de rédaction de haute tenue, aux côtés de Heidegger, Michaux, Char, Corbin, Cioran ou Beckett…  Nonobstant un certain attrait pour la vie mondaine, il était avant tout un amoureux fervent de Dame Nature, mieux, une espèce d’ermite sensuel et jouisseur selon l’acception « powysienne ». Un lien quasi mystique l’unissait à son élément solaire – l’Eau – comme si le Signe tropique du Cancer s’était fait chair. Grottes et cavernes composaient sa géographie intérieure, rivières et ruisseaux coulaient dans ses veines…

Qui donc, dans la cacophonie médiatique et culturelle de notre époque, a vu et reconnu son combat pour la sauvegarde du Vivant, pour la défense des « droits de la Terre » qu’il considérait comme sa « Matrie » première et cosmique ?

Il s’appelait Roger Otahi. Tendrement amis et unis comme deux frères, il n’y eut jamais deux êtres si dissemblables que nous, et c’est pour cela que nous nous aimions. Il nous a quittés le treize décembre 1994, en jetant une oeillade symbolique à Nerval. Il est parti dans l’insolente indifférence du monde comme s’il ne méritait pas qu’on se souvienne de lui. Il a rejoint, à la manière d’un brahmane, le vaste morcellement des ions magnétiques des atomes. Il EST et SERA ce dont l’Univers a besoin…

La Brunie du Coux, le 20 décembre 1994  Gaby le Thélémite

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En souvenir de mon ami Roger Otahi qui affectionnait tout particulièrement ce poème symphonique de Bedrich Smetana (1824-1884).

A paraître : « Mise au sens cosmique » au format PDF

BIBLIOGRAPHIE Roger OTAHI

Roger Otahi et Elysabeth en 1968

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1 Commentaire à “« Rencontres remarquables »… Roger Otahi”

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  1. Merci pour le bel hommage fait à mon père, sur votre blog kulturmuz. Cela me fait du bien de voir son image sur l’écran de mon ordinateur.

    Je suis sa fille Dominique. Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de moi, mais je suis bien sa fille. Je vous remercie encore pour ce bel hommage dont j’avais eu connaissance par le biais de son amie Elisabeth Moreau. Dominique

    Dominique a dit ceci


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